lundi 5 novembre 2012

Tadaima

Hier soir, en rentrant de Kyoto à Obama, j'ai eu une sensation étrange : celle de rentrer à la maison !
Un peu comme quand on part en weekend chez des amis et que malgré le plaisir qu'on a eu durant cette période, on est encore plus heureux de retrouver son nid douillet.

Ce n'était pas faute d'avoir essayé : Tetsuya et Megumi m'ont accueillis sans retenue, comme un des leurs.
Faire partie d'une famille japonaise est un plaisir immense et rare. Celui d'être aimé et d'être dans une entité qui nous dépasse. Et en l'espace de quelques jours, j'ai eu le privilège incroyable de faire partie de deux.
Déjà, il faut savoir que les Japonais n'aiment pas accueillir chez eux. Perfectionnistes, ils pensent souvent que leur maison n'est pas assez propre pour l'invité. De plus, ils considèrent leur lieu de vie comme une partie intime. C'est pour ça qu'il y'a beaucoup moins de coach surfeurs qu'en Europe et que parmi ce nombre restreint, la plupart cherchent juste à rencontrer des gens pour aller boire un verre / manger un morceau à l'extérieur. Sachant que les bars / restaurant sont ici très bon marché.

Ceci étant dit, voici pour moi les 3 points qui font, à mon goût, la différence entre être invité et être intégré :
- partager un repas traditionnel en famille
- partager le bain de la famille
- partager un moment de recueillement

Les repas traditionnels se déroulent autour d'un plat sous lequel un cuiseur électrique ou au gaz maintient la température adéquate pendant que quelqu'un, souvent le chef de famille, s'occupe de cuisine pour les autres. Ce repas est issu de recette japonaise ancestrale.
Le bain familial s'effectue dans une petite baignoire, dont l'eau est partagée par toute la famille pendant plusieurs jours et est maintenue à une température d'environ 40° par des diffuseurs de chaleur. Avant d'y rentrer, il faut bien sûr se laver et être impeccable. Et en sortant, faire en sorte de couvrir le bain pour pas que la chaleur s'en aille. Toutes les salles de bain japonaises sont composés de la douche et baignoire attenante dans la même pièce
Le moment de recueillement s'effectue souvent au temple ou au sanctuaire, en recopiant les mouvements de la personne qui nous accompagne. Plus rarement, il s'effectue à la maison, où un mini temple est installé. Devant celui-ci, il faut déposer de la nourriture à destination des défunts afin qu'ils mangent les premiers. Allumer de l'encens et se servir de la fumée pour se purifier. Planter les bâtons d'encens dans un réceptacle de sable. Sonner la cloche. Prier les mains jointes en se courbant.
La nourriture sera récupérée quelques jours plus tard, afin que nous la mangions à notre tour.

Rajoutez à cela qu'à chaque petit déjeuner, ils essaient de me faire plaisir en m'offrant un repas à la française (croissant, pain, beurre,...) qui sont assez difficile à trouver ici. La phrase de Masahiro, 10 ans, qui demande à son père de ralentir pour éviter qu'on ai un accident pour pas que Sayuri, ma famille et mes amis s'inquiètent. Et vous comprendrez pourquoi j'ai été vraiment touché de partager leur quotidien.
Pour ça, je leur en suit extrêmement reconnaissant. Il m'est impossible de les remercier assez ou de les rendre aussi heureux que je le suis en leur compagnie, alors je fais de mon mieux dans ce sens : je les aime en retour.

Je suis de retour à la maison.

dimanche 4 novembre 2012

Kyoto no oshiro

Le plan de la journée était que Tetsuya et sa famille aillent au match de baseball de leur deuxième fils, pendant que moi j'irai visiter Kyoto avant de rentrer en stop. C'était sans compter la gentillesse de Tetsuya qui voulait me ramener à Obama, sous prétexte que les enfants n'ont pas pu me dire aurevoir.
Le matin donc, direction le premier match de baseball. Celui-ci se déroule à domicile, sous un soleil radieux. Puis nous avons été au sanctuaire prier tous ensemble. Auprès de celui-ci, nous avons acheté des mochi en brochette.

Ensuite nous avons filé dans les collines de Kyoto pour aller voir un magnifique château. L'endroit est très paisible et malgré la journée ensoleillée et le fait que ce soit dimanche, le parc du château était très calme et dépeuplé. Nous y avons donc déjeuné les fameux mochi après quelques photos des lieux.
Une des attractions de Kyoto, hormis ses temples et ses châteaux, est ses arbres qui a l'automne passent du vert au rouge. Ce moment fatidique qui attire tant de touristes est presque là, mais pas encore tout à fait. Je ne sais pas si j'aurais donc la chance d'y assister.

De retour à la maison, nous en avons profité pour discuter tous ensemble. J'y ai appris la signification des prénoms de chacun des enfants. Car contrairement à nous, où les prénoms sont choisis suivant la mode et l'inspiration, ils sont ici leur fruit d'une recherche intense afin de formuler le vœux d'un parent pour son enfant. Ainsi, le benjamin s'appelle Masahiro 勝大, pour grande victoire, le cadet s'appelle Taisei 大誠, pour véritable grandeur et l'aîné s'appelle Yuudai 雄大, pour grand héros.
On peut remarquer que le Kanji 大 qui signifie grand et se prononce tai/dai ou hiro, se retrouve dans chacun des prénoms. De plus, le petit dernier, Masahiro 勝大, a emprunté un Kanji à son papy, Katsuzo 勝三, victoire triple. Une sorte d'hommage.

Nous sommes ensuite retourné voir le deuxième et dernier match de la saison pour Taisei, qui se clôturera sur une défaite de justesse et donc une grosse déception. L'année prochaine, il passe du collège au lycée et aurait souhaité la victoire.
Enfin, le départ pour Obama, à 5 dans la voiture, Yuudai étant resté à la maison. Durant les 2 heures du trajet, nous avons énormément discuté, notamment religion et histoire. Sujet difficile à cause de mon manque de vocabulaire.
Mais Tetsuya et Megumi sont très intelligents et font en sorte de m'expliquer avec des mots simples ou des gestes, en parlant lentement. Je m'en rends compte lorsqu'ils parlent entre eux à vitesse normale : je n'y comprends rien. Il faut alors qu'ils me traduise en language d'enfant.

Ce que je retiendrais de cette famille, en plus de leur générosité, que ce soit en temps et en argent, fut l'intérêt immense qu'ils m'ont porté et celui qu'ils m'ont fait susciter. Beaucoup de Japonais portent de l'intérêt par politesse, alors qu'ils s'en fichent. Cela se remarque quand ils posent plusieurs fois une même question dont la réponse aurait dûe être acquise. Eux pas.
Et même si Tetsuya n'a pas réussi à mémoriser le "quatre", c'est juste par difficulté d'apprentissage.
J'ai vraiment beaucoup aimé échanger avec eux et aussitôt partis qu'ils me manquent déjà. Heureusement, je retrouve Fumio san et Sayuri dont les visages familiers et souriant effacent toute tristesse.

Le château de Kyoto.

samedi 3 novembre 2012

Tanaka kazoku

Aujourd'hui, j'avais envie de passer une journée de plus avec cette famille qui m'est si sympathique, repoussant mon départ à demain. Je leur ai donc demandé de venir voir leur fils jouer au baseball.
Il y avait 4 matchs en tout, se jouant à Osaka. Les 2 premiers, Tetsuya était avec moi, donc on a bien discuté. Les 2 derniers, il était sur le banc pour coacher. Du coup, le temps semble plus long. Parti à 7h, on est rentré à 18h, le froid aidant, j'étais content d'enfin rentrer.
Ce que j'en retiens, c'est que les joueurs sont très respectueux et se saluent avant et après le match. Ils remercient également les supporters d'être venu. Une mention spéciale m'a été accordée, étant étranger : j'ai eu le droit à plein de merci, de courbettes et une photo souvenirs avec l'équipe. Si un joueur fait une bêtise, il se fait crier dessus et prend un coup de batte dans les fesses. Le coach est donc très respecté et un peu craint : quand il parle, ils écoutent.
Quant aux supporters, des parents de joueurs, ils sont très organisés et très calmes. Ils servent du café au lait / thé chaud à tout le monde et tapotent des mains sans effusion lors de bonnes actions. A la fin du match, les accueillis vont remercier les accueillants. Et j'étais ravi d'être convié à revêtir le manteau du club pour venir moi aussi remercier.

De retour à Kyoto, nous avons récupéré Motoyo, la soeur cadette de Tetsuya, direction la maison familiale. Celle-ci se situe à 50 mètres de la maison de Tetsuya, dans un quartier huppé, où toutes les maisons sont très luxueuses.
Après de succinctes présentations, nous nous sommes installés à table, assis par terre comme le veux la tradition, autour de deux plats : le shabu shabu et le yaki niku.
Le repas se déroule en live, c'est à dire qu'une personne par plat est désignée pour s'occuper de cuisiner et servir pendant que les autres mangent. De temps en temps, il se sert lui-même.
Le shabu shabu consiste en des lamelles de boeuf et des légumes bouillis, puis servis dans une sauce.
Le yaki nuki est un gril sur lequel on fait griller viande, saucisse, patate, champignons, poivrons,... Le tout est servi dans une sauce maison préparée par la grand mère.
A la fin du shabu shabu, on verse du riz dans le plat qui contient le reste du jus. On obtient une sorte de risotto. On y ajoute quelques épices. Délicieux.
En dessert enfin, le grand père à coupé puis épluché des pommes gigantesques et des kakis.

Autant dire que c'était un régal et que j'ai jamais aussi bien mangé. Ce sont des plats très chers, très bons et surtout très copieux. Je les remercie pour cette invitation.
Mais le repas n'était pas qu'à propos de nourriture, c'était aussi pour eux l'occasion de me poser plein de questions sur ma vie, mon pays, mon voyage. Ils étaient vraiment tous très intéressés. Et ce fut un réel plaisir pour moi de discuter avec eux.
Heureusement pour moi, Motoyo parle couramment anglais et m'a servi d'intermédiaire, sans quoi j'y serai encore.
C'était une soirée mémorable qui m'a fait largement oublié cette longue journée d'attente. Cela en valait largement la peine.

La famille Tanaka.

vendredi 2 novembre 2012

Osaka no tabi

A côté d'Obama, il y'a Kyoto. A côté de Kyoto, il y'a Osaka. Les deux, centre à centre, sont séparés par 60 kilomètres environ. La seule différence est qu'entre Kyoto et Osaka, il n'y a pas de limite visible, les deux villes se touchant pour former une méga ville.

Fumio san et moi sommes allés à Kyoto. Je l'ai invité dans un restaurant de plats tournant. Le système est composé d'un petit tapis roulant sur lequel circule des plats de différents types (sushis, sashimis, maki, etc). Si un plat n'est pas sur le tapis, un écran tactile permet de le commander. Une fois arrivé devant notre table, l'écran le signale et un son retentit. Chaque assiette coûte 100¥ (1€).
Ensuite, nous avons rejoint son ami, Tetsuya, qui est un riche maraîcher. Les deux se sont rencontrés au baseball et se rendent à une fête d'anciens joueurs. Ils passeront tout le trajet à discuter entre eux, et moi à dormir, n'arrivant pas à comprendre avec leur débit de parole.

Pour ma part, ce sera visite de la ville pendant 3h30. Le principe : bien repérer le chemin pour pas se perdre au retour.
Osaka est une ville nouvelle et il y'a beaucoup de gratte-ciels, contrairement à Kyoto et ses anciennes maisons de bois. J'y ai également remarqué beaucoup de chanteurs de rue. C'est très agréable. Puis je suis allé dans une rue commerçante à la recherche d'un souvenir typique d'Osaka pour Sayuri : ce sera un porte-clé "Hello Kitty" sous forme de spécialité locale, des boulettes de viande.

Ensuite, je me suis dirigé vers la grande roue rouge (cf. photo). Celle-ci fait partie d'un centre commercial de 7 étages au milieu duquel il y'a une immense baleine et son bébé, aussi en rouge, pour le rappel de couleur.
En repartant, je vois dans un parc des gens qui font des castagnettes ! Puis, un étranger m'aborde pensant m'avoir déjà vu quelque part. C'est un égyptien vivant au Japon et parlant français !

Logiquement, de retour à Kyoto, j'aurais dû aller camper. Tetsuya, l'ami de Fumio san, me propose gentiment de venir dormir chez lui. Il a 3 fils, une femme et un chien. Aucun ne parle anglais. Le lendemain, ils doivent se lever à 6h pour le match de baseball de l'aîné.
On commence à discuter et ce personnage qui était si froid auparavant devient de plus en plus chaleureux. A tel point que sa femme, lui et moi discutons jusqu'à 1h30 du matin. Le réveil va être rude !

Voyage à Osaka.

jeudi 1 novembre 2012

Nihon ni, jitensha wa oosama desu

Après cette première expérience de discussion concluante, j'avais envie de la renouveler. Le matin, je suis donc retourné au bureau de poste. Malheureusement, il y'avait moins de monde car Youshime, le frère de Fumio san, n'était pas là. Alors j'ai improvisé : j'ai trouvé des manga à lire. Celui que j'ai choisi s'appelle "Good Kiss". Cela parle d'histoire entre jeunes, de situations du quotidien et de relation amoureuse. Facile à comprendre.
Ma capacité à lire est bonne, à interpréter un peu moins. En 3 heures, j'ai lu un chapitre seulement ! Soit une trentaine de page. Sachant qu'il y a quatre chapitres par manga et que la série comprend 12 manga, dans combien de temps aurais-je lu la fin de l'histoire ?

L'après midi, je voulais me rendre à Obama, soit 15 kilomètres. Le plus simple, le vélo. Le problème, la taille du vélo. Puis la pluie et le vent s'en sont mêlés. Et ce qui est d'habitude qu'une simple formalité est devenu un véritable challenge. Mais c'était fun.
A Obama, j'ai été d'abord à mon supermarché favori pour aller lire Aladin. Puis j'ai été acheté des fleurs pour Sayuri et des gâteaux pour le dîner. Enfin, je suis allé voir mes petits papies et mamies.
Quant au retour de nuit, le folklore de la pénombre à été rajouté. Heureusement, une dynamo me permettait d'avoir un peu de lumière.

Ce qui était marrant, c'est ma mauvaise habitude à vouloir circuler à droite, c'est à dire à contre sens. Mais, ce qui aurait pu être dangereux en France, ne l'est pas au Japon. Ici, les automobilistes font très attention au cyclistes, ralentissent et s'écartent. La raison : il y'a énormément de vélo et les gens sont respectueux les uns des autres. Autre sécurité, les vélos sont autorisés sur les trottoirs et ont leur propre ligne. Ils sont prioritaires sur les piétons. Un coup de sonnette et de suite, les gens se poussent sur le côté pour laisser passer. Il y'a même des parkings réservés au vélo.

Au Japon, le vélo est roi.

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