mardi 16 février 2016

Nihon no basket 日本のバスケ

Quand on m'a gentiment proposé de venir faire un entraînement de basket, je vous avoue que je ne savais pas particulièrement à quoi m'attendre. Autant, le baseball est ici le sport national, mais pour le basket ...
Ont-ils au moins des paniers et une salle, ou jouent ils dehors comme à Okinawa ?
Réponse ci dessous.

Évidement qu'ils ont une salle, avec même du parquet et des paniers en plexiglas. Pas de suspension par contre, car les dunk ici ne se voient que dans les manga.
À mon arrivée, tout le monde m'attend. Moi qui aime passer inaperçu, c'est raté. Côté discrétion, je repasserai plus tard. Pas de vestiaire pour se changer, ni de douche. La traditionnelle pudeur japonaise ?
La salle n'étant pas chauffée, il fait un froid intense.

L'échauffement est à base de jeu, comme la balle au camp, le jeu du diable et un particulier que je n'avais jamais vu : le jeu du sumo. Le but, rester dans le cercle du milieu où des lancers francs et arriver à pousser l'adversaire dehors, que ce soit par la force ou la ruse, tout en continuant à dribbler. Si le ballon ou le pied sort du cercle, c'est perdu. Le gagnant reste et ça s'enchaîne très vite, mais c'est ultra fatiguant.

Puis ce sont les matchs qui s'enchaînent toutes les 10 minutes. Force m'est de constater qu'à défaut d'être grands et costauds, ils sont très rapides et adroits, ce qui compense largement. C'est drôle car personne ne fait de fautes, et tout le monde est très fairplay. Tout se passe donc dans la bonne humeur. C'est le but premier du jeu : s'amuser !!

À la fin, chacun aide à ranger et à passer la serpillière pour les prochains, laissant ainsi l'endroit impeccable. Tout le monde me remercie d'être venu, et j'ai le droit à signer plein de ballons, serrer plein de mains et faire plein de photos. Je vois leur yeux briller. Comme si j'étais une véritable star. Je n'en demandais pas tant !!
Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant régalé.

Le basket à la japonaise.

jeudi 4 février 2016

Teuchi zushi versus kaiten zushi 手打寿司 vs 回転寿司

Dire qu'un sushi est un sushi, serait comme de dire qu'un vin est un vin. La différence entre de la piquette et un château neuf du pape, même pour un novice comme moi, est flagrante.
Et bien entre des sushis préparés par un chef et des sushis préparés à la hâte sur un tapis roulant, l'écart est le même. C'est celui entre le jour et la nuit.

Ainsi, depuis que je suis au Japon, j'ai eu la chance par deux fois de pouvoir manger des sushis préparés par un chef. Des souvenirs qui ne s'oublient pas, tant ils sont rares et intenses.
La première fois, c'était au Tsukiji Market à Tokyo 東京. Un mini restaurant dans le port même où arrive chaque jour des tonnes de poissons fraîchement péchés. La deuxième, à Wakkanai 稚内, là où les poissons sont les meilleurs du Japon.
Alors quand on m'a proposé d'y retourner à nouveau, j'ai tout de suite accepté. Forcément. Mais à Marugame 丸亀, petite ville de Shikoku 四国, à quoi pouvais-je donc bien m'attendre ?

Tout d'abord, l'accueil est fort respectable. Un petit jardin magnifiquement décoré à la japonaise, avec des arbrisseaux, des rochers et de la mousse éparpillés avec poésie. Puis à l'entrée, un bassin dans lequel poissons et coquillages ont l'air de s'épanouir gaiement. En fond sonore, une petite musique traditionnelle à base de la mandoline locale. Tout ça dans un cadre qui imite les façons de l'époque, bambous, tables basses, portes coulissantes en papier.
J'ai l'impression d'être retourné à une époque passée.

Lorsqu'on s'assoit au comptoir, nous sommes tout de suite reçu de manière princière : thé, lave main et petites délicatesses pour nous faire patienter.
Les serveuses sont souriantes et une d'autant plus qu'elle m'a remarqué. Le maître, face à nous, devant son plan de travail, semble s'affairer très activement.
Malheureusement, on ne peut pas voir ce qu'il fait. Dommage. Des poissons crus en vitrine cachent la vue.
Comme le cuisinier est seul, nous attendons un moment avant que les plats arrivent...

Mais une fois là, rien que l'odeur donne l'eau à la bouche. Avec, nous est servi un alcool dans lequel trempe les écailles d'un poisson lune. Un poisson qui mal préparé, peut être mortel pour celui qui le déguste. Nouveau challenge, je me dois de goûter. C'est fort et pas très à ma bouche. J'en resterai là.
Le reste par contre, consiste en huit sushis, servis sur un plat et qu'il est recommandé de manger avec les doigts.
Le pouce, l'index et le majeur font office de pince, avec laquelle on trempe le bout du poisson cru dans la sauce soja avant de le mettre en lieu sûr, dans sa bouche.
Entre chaque pièce, manger du gingembre cru permet de se nettoyer le palais afin de saisir toutes les saveurs du prochain délice.
Tout se savoure lentement et avec finesse. Comme un bon vin.

Sushi faits main contre sushi sur tapis roulant.

lundi 25 janvier 2016

Shiude yama 紫雲出山

Aujourd'hui, il fait très beau et on a une nouvelle voiture de sport à tester, alors quoi de mieux que la prendre pour aller faire un tour. Et quel tour ?
Laissez-moi vous servir de guide, de par les phases du récit qui va suivre...
La partie intéressante commence à partir du moment où la mer bleue marine est en vue. Le soleil s'y reflète et me donne qu'une seule envie : descendre de la voiture et aller me baigner !
Mais revenons à la raison. Je foule l'eau des yeux et ce que je vois au loin me surprend.

Parmi les nombreuses îles qui sortent de la mer comme par magie, une en particulier attire mon attention. Elle semble flotter dans le ciel. Ce ciel qui est maintenant relié à la mer qui par un effet d'optique revêt la même couleur.
Un sublime spectacle qui me fait penser à ce genre de films de science fiction où les îles volent dans les airs.
À tel point que j'ai du mal à la quitter des yeux, comme pour mieux observer cette réalité qui semble être un rêve.

Mais voici qu'un virage fait changer le paysage. Nous grimpons à présent une montagne dont la route en lacet doit nous mener à son point culminant. Ça monte ainsi jusqu'à un parking depuis lequel la vue est déjà splendide. À la pointe du cap, on peut admirer la mer interne Seto 瀬戸内海, ainsi que son pont suspendu 瀬戸大橋 et toutes les îles qui lui passent devant et derrière, comme pour jouer à cache cache.
Un très joli spectacle qui augure le meilleur car la promenade n'est pas finie.

Elle se poursuit à pied, par un chemin qui mène jusqu'au sommet de la montagne, à presque 400 mètres au dessus de la mer. On y découvre des huttes ainsi que des statues qui nous laissent imaginer les peuplades anciennes qui vivaient là. Autour, des fleurs, des arbres et de l'herbe verte qui m'invitent d'un commun accord à m'allonger là et lire un bon livre !

Mais nous montons encore jusqu'au point le plus haut où nous attend une cloche. On la sonne pour signifier notre arrivée. De là, on peut voir à 270 degrés. D'okayama 岡山 à Imabari 今治 en passant par Fukuyama 福山.
Trois villes qui me sont familières, et qu'à défaut de voir en vrai, je visite dans mon imagination. Comme quoi, pas besoin d'aller très loin pour voyager ...

Le mont Shiude.

dimanche 24 janvier 2016

Fushigina en 不思議な縁

Il y a de ces jours parfois qui sont complètement fou. Dans le sens où, sans savoir pourquoi, tout arrive en même temps. Une sorte de moment magique lors duquel tout ce qui arrive est idéal, à point, pour ne pas dire parfait.
Et bien, ce jour, c'est aujourd'hui. Car voici ce qu'il est arrivé...

Tout d'abord, Shinshaku 新作, le cadet de la famille est rentré à la maison. Il faut savoir qu'il est serveur dans un restaurant de luxe à Osaka et qu'étant sur débordé, il n'a même pas pu venir savourer avec nous les fêtes de fin d'année. Cela fait presque un an qu'il n'est pas revenu à la maison. Alors profitant de 3 petits jours de congés, voici comment j'ai pu faire sa connaissance après l'avoir vu mille et une fois en photo.
La deuxième bonne nouvelle, c'est l'arrivée d'une voiture de sport qu'à commandé le père de famille après l'avoir vu au salon de l'auto à Osaka. Le voilà tout content de son nouveau jouet et prêt à faire le tour du Japon avec. Il l'a tellement attendu que malgré son stoïcisme, on peut voir la joie sur son visage. Qu'il nous communique bien évidement.

La suite, c'est la fin du riz blanc, hakumai 白米. Non pas que je déteste ce riz ou que je fais la fine bouche. Juste qu'à côté du semi complet, il n'y a pas photo. Malheureusement, pour les fêtes, la maman a demandé à avoir, pour se faciliter la tâche, 30 kilos de ce maudit riz blanc. Qui en plus d'être moins bon que d'habitude, est rempli de petits cailloux qui cassent les dents.
Mais on en est enfin venu à bout. Et nous reprenons, pour mon plus grand plaisir, le nana buzuki 七分ずき, soit 70% de l'enveloppe enlevée. Plus de vitamines et surtout bien meilleur. Ouf, il était temps.

Mais voici le plus important. Satsuki さつき et Keisuke 啓介 ont fait le voyage depuis Okayama 岡山 pour venir me voir. Pour rappel, j'ai rencontré Satsuki il y a trois ans à Dazaifu 太宰府, où elle m'a accueilli pendant plusieurs jours. Après quoi, elle est venue chez moi l'année d'après pour son voyage de noce.
Et la voilà avec son mari qui débarque de nouveau dans ma vie, sans prévenir mais pour mon plus grand plaisir. Mieux, la famille les invite à manger et a passer la nuit à la maison. Quelle gentillesse !

Enfin, Nemuchan 眠ちゃん, la fille de la famille que je ne vois jamais, soit parce qu'elle dort, soit parce qu'elle est au travail, nous fait l'honneur de sa présence en étant rentrée plus tôt deson boulot. Mieux, on mange tous ensemble pour la première fois que je suis ici. J'ai presque du mal à croire qu'on soit tous réunis ce soir autour de la table. Ça se fête !
Kanpai カンパイ

Étrange coïncidence.

lundi 18 janvier 2016

Sumo 相撲

Quand vous lisez ce titre, vous savez tous de quoi je parle n'est ce pas ? Mais si, ces gros bonshommes gras et musclés, qui semblent se faire des câlins pendant un temps plus ou moins long afin de se mettre hors d'un ring.
Et bien laissez-moi vous dire qu'avec la nouvelle année, la saison de sumo recommence. Et pour vous, néophytes dont la curiosité pousse à en savoir un peu plus, lisez ce qui va suivre, ça pourrait vous intéresser ...

Personnellement, j'ai toujours aimé les sumo ! Pourquoi ? Ne serait ce que par respect pour ces lutteurs hors norme dépassant allègement les 100 kilos. Contrairement aux critères de beautés occidentaux, ils sont grassouillet et c'est ce qui fait leur charme. Du moins à mes yeux.
Ensuite parce que ce n'est pas un sport de combat où l'on se fait mal. Le respect entre adversaires est toujours de mise. Enfin, parce que c'est un sport traditionnel particulier au Japon. Nul part ailleurs.

Les règles sont assez simples : pousser l'adversaire hors du ring, ou bien lui faire mettre une main (ou plus) à terre. De là, plein de rituels lors de l'échauffement des combattants : des salutations au public, du jeté de sel sur le ring, des petites tapes sur les fesses et le ventre dodu. Le public en redemande, et envoie une ovation à son favori.
Puis ils se mettent en place, jambes écartées, et une fois les deux mains au sol, c'est parti.

Tous les coups ne sont pas permis, mais des petites gifles ou coups de pieds pour gêner sont adversaire sont autorisés. On se pousse, on se tire, on se déstabilise. La seule prise possible sur son rival est la ceinture qui entoure son ventre et maintient son cache sexe en place.
Les combats sont très souvent intenses et ne durent pas plus d'une minute. Rarement, ils se prolongent et on peut assister ainsi à un spectacle où deux colosses épuisés se supportent l'un l'autre pour se reposer et tentent par la ruse, à défaut de la force, de prendre l'ascendant.

Autour, un public en folie. Mais surtout un arbitre en tenue traditionnelle qui crie des mots, comme pour les encourager. Tout le long du combat, il se déplace pour ne pas se faire écraser par un des lutteurs. Ce qui arrive parfois au public trop proche lorsque le sumo tombe du ring. Mais ça fait partie aussi du spectacle !
Enfin, je ne peux pas vous laisser sans vous parler du yokozuna 横綱, le grand champion, l'homme à battre. Il ne perd pratiquement jamais. Et lorsque ça arrive, la foule en délire jette sur le ring leur petit cousin sur lequel il sont assis, et qui volent ainsi dans l'arène tels des pétales de rose s'envolant au vent.

Sumo

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